CAVALIER SEUL
Dans le corps
le bruit du temps qui passe et délite
Dans la tête
l’écho des vieux accordéons d’octobre
mais surtout ce requiem
ou plutôt ce bourdonnement
discret et tenace
fidèle et menaçant
Quels insectes, quelles bêtes
construisent ici leur nid à mes dépens?
On reparle du vent
L’hiver à lâché prise
et moi?
ombre presque effacée
seule a vouloir sa perte
je vais ici ou là
laissant mon coeur cogner pour rien
sourd à la fanfare des feuilles neuves
à la grande liesse du monde
prêt a je ne sais quel départ
sans musique et sans compagnon
Genève, avril 1987 – Nicolas Bouvier – Le dehors et le dedans

